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Premier mai de l’UL CGT Bagnolet-les Lilas

lundi 6 mai 2019, par Admin UL CGT Bagnolet

Discours au pot du premier mai de l’UL CGT Bagnolet-les lilias, lu par François Le Douarin, membre du bureau de l’UL

Après plusieurs mois d’expression d’une colère sociale hors du commun, le président a répondu aux gilets jaunes en affirmant que, globalement… la même politique serait menée.

En fait, on ne l’a pas bien compris, ce président ! Suffit juste d’un peu de pédagogie. La pédagogie : voilà la solution !

Et pour mener cette grande entreprise d’explication, Macron assure le premier rôle. Il donne de sa personne. Il organise toute une série de one-man-show, avec plusieurs représentations de son nouveau récital d’hiver - le « grand débat » - puis, une émission de télé spéciale, avec une sélection de spectateurs triés sur le volet : des journalistes.

Et voilà, le tour est joué : il suffit juste de dissiper quelques fâcheux malentendus avec un peu de pédagogie et le bon peuple comprendra que tout est fait pour assurer le bien du pays !

Qui est vraiment dupe de cette grossière manœuvre d’enfumage ?

Cette opération de com est une injure à celles et à ceux dont le métier consiste réellement à mettre en pratique des moyens pédagogiques, que ce soit auprès des enfants ou des adultes.

Prenons, par exemple, la retraite : certes, il est question de réajuster sur le coût de la vie le montant des pensions les plus modestes, mais on institue le principe d’une pension minimum à 1000 €, ce qui ne permet en aucun cas de vivre dignement.

Par ailleurs, sous couvert de donner la possibilité de partir en retraire soit-disant « selon le choix de chacun », on conserve officiellement le curseur du départ à 62 ans, tout en instaurant la retraite par point. Cela signifie de fait le recul de l’âge du départ à la retraite pour les plus faibles salaires et l’abandon de la retraite par répartition, telle que nous la connaissons depuis la Libération.

Plus fondamentalement : il a donc été évoqué une augmentation des pensions de retraite et des baisses d’impôt, mais sans évoquer quel seront les moyens permettant de financer ces projets.

Même sous la pression des gilets jaunes, qui revendiquent notamment une plus grande justice fiscale, Macron s’est bien gardé d’évoquer que les sommes faramineuses accumulées par les patrons, sur le dos des travailleurs, et renforcées par les multiples cadeaux fiscaux et autres exonérations sociales, puissent être mises au pot commun !

Macron reste le président des riches et du grand patronat. Il y a -t-il vraiment quelqu’un pour se faire des illusions sur la question ?

À quelques jours du joli mois de mai : tout le monde peut constater que c’est bien la carotte du chef qui nous a été présentée, et l’assurance d’un bon coup de trique si l’on refuse de faire la mule !

Car nous savons à qui nous avons affaire. Depuis plus de dix ans, les gouvernements successifs nous imposent les pires régressions sociales, de la façon la plus brutale. Mais nous continuons de nous battre.

Nous continuerons de nous battre, avec d’autres syndicats et d’autres composantes sociales, telles que les gilets jaunes et les mouvements de jeunesse, pour le progrès social et la défense des intérêts des salariés.

Nous continuerons de nous battre pour nos revendications et pour conquérir de nouveaux droits : l’augmentation du SMIC à 1800 euros, la réduction de l’âge du départ en retraite, la réduction du temps de travail, l’augmentation des pensions de retraites et des minima sociaux, la mise en place d’une politique fiscale plus juste, la taxation des revenus financiers et du capital, le redéploiement industriel prenant en compte l’urgence climatique, le développement des trois versants de la fonction publique sur tout le territoire, le renforcement de la protection sociale, la mise en chantier dune vraie politique de logement social, l’amélioration et la modernisation des réseaux de transports en commun… La liste des revendications est longue et elle n’est jamais close.

Comme nous l’avons vu, avec la séquence des gilets jaunes, les modalités d’expression des revendications sociales peuvent émerger de différentes manières, quitte à bousculer nos repères. Il n’y a probablement pas lieu de s’en offusquer, car pour combattre nos adversaires de classe, nous ne serons jamais trop nombreux !

Bien évidemment, nous autres, syndicalistes de la CGT, nous avons tendance à considérer que l’action syndicale reste le terrain de prédilection de la lutte sociale revendicative.
Il est vrai qu’elle a la particularité de se situer au cœur même de l’exploitation capitaliste, dans l’entreprise, autour du travail, sur le terrain économique et la grève, quoi qu’on en dise, représente un moyen parmi d’autres, certes, mais un moyen incontournable pour imposer nos revendications.

Nous avons fait le constat, depuis plus de dix ans, que les grandes manifestations ne suffisaient en tant que telle pas à inverser le rapport de force en notre faveur.

Aujourd’hui, après plus de 7 mois de mobilisation des gilets jaunes, il est encore trop tôt pour faire un bilan exact des retombées de ce mouvement atypique mais en son sein, depuis quelques semaines, on entend qu’il faudrait s’allier aux syndicats afin de bloquer l’activité économique du pays.

Effectivement, il ne suffit pas de faire le buzz sur BFM ou YouTube pour imposer la justice sociale auprès de ces gouvernements autoritaires ! Nous en avons fait l’expérience, lors des précédentes mobilisations syndicales, notamment, contre la loi travail. Nous en étions arrivés au constat que seule une grève interprofessionnelle nationale d’envergure permettrait de faire bouger les lignes.
Ce qui a changé depuis, c’est que, désormais, nous ne sommes plus tout à fait seuls à le penser !

Chers camarades, permettez-moi cette question, qui vous semblera probablement triviale : l’urgence, syndicaliste, n’est-elle pas, plus que jamais, de légitimer le rôle de la grève et d’encourager avec la plus grande détermination sa pratique dans nos entreprises, dans nos services publics, dans nos quartiers, auprès de notre entourage personnel ?

Le monde actuel du travail n’est plus le même qu’il y a cinquante ans mais, contrairement à un discours convenu, nous n’avons pas entériné la remise en cause du statut de salarié, même si ce dernier est gravement endommagé, nous devons continuer d’exercer nos droits. Le droit de grève est toujours d’actualité et il ne tient qu’aux concernés de s’en saisir pour le consolider ! Faudra-t-il attendre d’être tous remplacés par des robots pour se réveiller ?

Ainsi, lors de la journée d’action pour le service public du 9 mai, l’objectif prioritaire ne devrait-il pas être que le nombre de grévistes soit si important que l’ensemble des services publics s’en trouvent totalement neutralisés, au lieu, comme nous l’ont imposé les média, de s’en tenir à compter le nombre de manifestants pour savoir s’il est plus ou moins important que celui de la précédente manifestation ?

De plus, des milliers de personnes se sont rassemblées pendant tout l’hiver, sur des ronds-points pour exiger notamment un meilleur accès aux services publics ? N’y a-t-il pas lieu d’organiser à l’échelle du pays de véritables piquets de grève des agents la fonction publique pour combattre la politique de privatisation du gouvernement et engager le débat avec la population ?

Ces questions font débat dans nos organisations et il est probable qu’elles s’imposeront lors du congrès confédéral.

Quoi qu’il en soit nous savons qu’il faudra redoubler nos efforts pour être le plus nombreux possible à défendre le service public le 9 mai : rendez-vous dans une semaine donc, pour un syndicalisme de classe et de masse, pour une CGT combative !

Bagnolet, le 1er mai 2019